Député de la ville de Quatre Bornes (1963 - 1967) et député de la circonscription no. 18 (Belle Rose - Quatre Bornes) de 1967 à 1976. Co-fondateur de l'UDM, parti politique, en 1970, et leader de l'opposition, au Parlement mauricien, de 1970 à 1973.




MAURICE LESAGE (1923 - 1992)

Rédigé le Mercredi 22 Novembre 2017 à 09:27 | Lu 119 fois


Ci-dessous, une courte biographie de Maurice Lesage, député de 1963 à 1976, et co-fondateur de l'Union Démocratique Mauricienne (UDM).


Maurice Lesage est né le 23 novembre 1923, le cinquième d’une fratrie de 12 enfants conçue de l’union d'Emmanuel Lesage à Yolande Cantin. Maurice fit ses études primaires à l’Ecole Leconte et ses études secondaires au Collège Royal de Curepipe. Il y fit de brillantes études et se classa en haut du tableau coté "Classique" (Lettres) comme on désignait la filière a l’époque, par opposition à "Moderne" (Sciences).

Maurice commença sa vie professionnelle comme fonctionnaire - son père faisait confiance au gouvernement pour la sécurité de l’emploi - mais très vite, il s'orienta vers le privé avec son entrée, comme enseignant, en 1945, au Collège du St Esprit, à la tête duquel se trouvait Mgr Daniel Liston. Il est à souligner que ses quatre jeunes frères (Hervé, Paul, Clément et Robert) firent leurs études secondaires au même collège.

Maurice Lesage épousa sa cousine germaine, Monique Cantin, le 18 février 1952, et leur cheminement dura jusqu’ au 11 octobre 1991, date à laquelle il eut la douleur de la perdre. De leur union, naquit trois enfants : Maurice jr, Gérard et Marie Hélène.


Maurice Lesage était un féru de politique – penchant inculqué par son père, ardent rétrocessioniste (militants un retour vers la France du pays) au côté de Raoul Rivet - et ce fut sans surprise pour ceux qui le connaissait qu’il brigua les suffrages, à Quatre Bornes, aux élections de 1963, sous la bannière du PMSD de Jules Koenig. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître et il fut proclamé vainqueur des élections le 23 octobre 1963, reléguant le politicien chevronné Jean Roland Delaître, du Parti Travailliste, à la deuxième place, à distance plus que respectable.

Maurice représenta cette circonscription avec ardeur et dévouement et ce fut sans surprise qu’avec deux autres colistiers, Yvon St Guillaume et Ajum Dahal, il fut réélu en 1967, dans la nouvelle circonscription de Belle Rose-Quatre Bornes, lors du raz-de-marée PMSD sous Gaëtan Duval, devenu dans l'intervalle, leader du parti en remplacement de Jules Koenig. A travers ces élections de 1967, Gaëtan Duval avait réussi à galvaniser 44% de votants contre l'indépendance.
Cette plateforme ne fut jamais remise en question  et lors d'un meeting, à la Place du Quai, qui avait attiré une foule considérable, les sympathisants signifiaient  sans ambages à Gaétan Duval leur volonté.


Création de l'UDM

A la grande surprise des sympathisants du PMSD et dans leur dos, Gaëtan Duval conclut une alliance avec Sir Seewoosagur Ramgoolam, en 1969, soit un an après l'indépendance. Le ver était dans le fruit et cela amena ultérieurement la création de l'UDM (Union Démocratique Mauricienne) quand fut proclamée la loi scélerate, le Public Ordre Act (POA). Ce fut la goutte qui fit déborder le vase et sous l'impulsion de Maurice Lesage, avec les membres influents du PMSD : Guy Ollivry, Raymond Rivet, Cyril Leckning, Clément Roussety etc. s’en dissocièrent. La défection des rangs du PMSD fut d'une telle ampleur que l'UDM devint la principale formation de l'opposition et Maurice Lesage devint le leader de l'opposition au Parlement.

Les années 70 furent une sombre période de l'histoire parlementaire mauricienne marquée, 
en sus de la promulgation du POA, par le renvoi des élections législatives qui auraient dû se tenir en 1972, l'emprisonnement de syndicalistes-politiciens (Paul Bérenger, Dev Virahsawmy et autres) et la promulgation de lois scélérates telle la POA. La lecture des Hansards de l’époque donne une idée du combat sans relâche de Maurice Lesage pour la liberté. Il réclamait, avec insistance, la libération des syndicalistes-politiciens notamment Paul Bérenger même s'il ne partageait pas ses idées ultra gauchistes. C’était cela Maurice Lesage : il écoutait les solicitations de Paul Bérenger avec lequel il était diamétralement opposé !

L'UDM ne cachait pas son alignement sur l’Occident, ce qui fit Maurice Lesage être bien perçu par l’ambassade des Etats-Unis et par son ambassadeur de l'époque, Julian Fromer, et son épouse Pauline, particulièrement.


Sur le plan idéologique, l'UDM prônait la participation des travailleurs au capital (le droit des travailleurs de recevoir en sus de leurs rémunérations, des actions faisant d'eux aussi, au fil des ans, propriétaires de l'entreprise), concept conçu par Marcel Loichot. Avec le concours de certains mécènes et la collaboration du Docteur Gaëtan Boullé et de son épouse Elizabeth, Maurice Lesage réussit à faire venir Marcel Loichot pour animer des conférences sur la "participation". Ce concept était mal vu par le grand capital et insidieusement, des pressions furent exercées sur les parlementaires UDM qui s'éloignèrent progressivement pour retourner au bercail PMSD, avec pour résultat que Maurice Lesage perdit son statut de leader de l'opposition au profit de Sookdeo Bissondoyal.

L'UDM ne cessa pas pour autant son combat et redoubla même d'initiatives avec la décision de lancer un journal, Libération. Ce fut une fois de plus Maurice Lesage, avec le concours d'André Masson, qui lança le quotidien et réussit le tour de force de le maintenir en vie mais hélas pour une courte durée, faute de ressources.


Déclin de l'UDM

Le gouvernement de Sir Seewoosagur Ramgoolam finit par se rendre à l’évidence qu’il ne pouvait surseoir davantage à la tenue des élections législatives et finalement, vers la fin de 1976, il décréta la tenue de celles-ci en décembre de la même année. L'UDM prépara méticuleusement son programme sous la férule de Maurice Lesage et d'une équipe bien soudée avec Michaël Atchia et son épouse, Paula, Lilian Berthelot, Monique Dinan, Elwyn Chutel, Germain Commarmond et Gérard Ahnee, entre autres, se lancent dans la bataille.

Ce fut probablement présomptueux
d'aligner des candidats dans toutes les circonscriptions et l'UDM ne réussit pas à faire élire un seul représentant. C’était la montée en puissance du MMM et le déclin de l'UDM et de Maurice Lesage. Il ne s'en remit pas et ce fut une descente aux enfers. Il n'avait plus le goût à la politique et l'UDM ne participa pas aux élections de 1982 qui vit le premier 60-0 de l'histoire du pays mais ce fut de courte durée. La santé de Maurice continua à se décliner et le 23 mai 1992, il s'en alla, complètement désillusionné.




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